3 questions à Clémence et Nika, coordinateurs et formateurs du projet CauCAN

En Géorgie du 17 au 25 juin 2019, Clémence et Nika sont deux des quatre formateurs pionniers du projet CauCAN (Cau pour Caucase, CAN pour Counter and Alternative Narratives). Destiné à renforcer la promotion des droits de l’Homme en Europe et dans les pays du Caucase, le projet s’étend sur deux ans, avec une première formation à Rustavi, en Géorgie. Durant une semaine, les deux collègues ont encadré un groupe de jeunes internationaux à travers des activités relatives à l’éducation aux droits de l’Homme et à la lutte contre les discours de haine.

Interview réalisée par Solenn, jeune participante accompagnée en Géorgie du 17 au 25 juin 2019 par l'équipe de l'Institut.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet CauCAN ?

Nika : Le projet fait intervenir de nombreux acteurs associatifs ainsi que des jeunes des pays d’Europe (France, Pays-Bas, République Tchèque) et du Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie). L’idée est tout d’abord de faciliter l’accès aux droits de l’Homme et de ses valeurs, à travers la lutte contre les discours de haine. L’objectif est aussi de compléter et de développer des outils destinés à contrer les récits alternatifs. Au terme de ce projet, nous souhaitons faire émerger des actions concrètes capables d’aider certains activistes à lutter contre les discours de haine.

Clémence : Effectivement, cette idée d’engager un partenariat entre pays européens et pays du Caucase fait naître l’envie de partager des expériences et des idées afin d’aider les participants à acquérir de nouvelles compétences dans ce domaine. C’est en ce sens que l’association Droni représentée par Nika et l’Institut international des droits de l’Homme et de la Paix de Caen s’apportent mutuellement des connaissances.

Quel est le rôle de l’Institut international des droits de l’Homme et de la paix au sein de ce projet et que peut-il apporter d’un point de vue international ?

Clémence : C’est tout d’abord une question de rencontre, puisque nous avons rencontré Nika lors d’une session au Conseil de l’Europe. En discutant, nous avons parlé d’un projet que nous pourrions mener ensemble. L’Institut bénéficie d’une réelle expertise concernant l’éducation aux droits de l’Homme. On travaille avec des jeunes, des personnes en prison, des travailleurs sociaux… Cela nous donne des outils que l’on peut partager avec les autres acteurs du projet.

Nika : Nous avons toujours besoin d’en apprendre davantage sur l’éducation aux droits de l’Homme, cela ne s’arrête jamais. En tant que formateurs, nous devons adapter les activités en fonction de la situation, du contexte et du temps dont nous disposons. Les ateliers d’éducation aux droits de l’Homme organisés cette semaine par les participants ont développé leurs compétences et leur préparation à utiliser ces outils dans leurs propres communautés. 

En juillet, Caen accueille la prochaine étape du projet avec un job shadowing. Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cette prochaine phase ?

Clémence : Le but de cette étape est de faire découvrir aux jeunes caucasiens la manière dont l’Institut fonctionne, quels sont ses partenaires… Les jeunes prendront part à un nouveau programme soutenu par l’ambassade française aux États-Unis et l’université de Caen : il s’agira d’un bootcamp sur la citoyenneté active. Les outils utilisés seront principalement liés au numérique, comme lorsque nous visiterons le château de Falaise en réalité augmentée. L’idée est de promouvoir l’histoire et le devoir de mémoire à travers l’utilisation des outils numériques.

Nika : Je vais aussi me rendre en Normandie et je suis très excitée à l’idée de découvrir ces nouveaux outils car cela fait partie des moyens que nous souhaitons développer dans mon association, Droni. Je suis heureux de pouvoir explorer ces nouveaux moyens d’éducation aux droits de l’Homme à travers les nouvelles technologies.