Retour sur le 7e Concours international pour les droits de l'Homme de Mauritanie

Mercredi 4 décembre 2019, l'Institut international des droits de l'Homme et de la paix organisait la finale du Concours international de plaidoiries pour les droits de l'Homme de Mauritanie à Nouakchott. Pour cette septième édition, l'Ordre National des Avocats de Mauritanie et l'Institut ont réuni huit avocats qui ont chacun plaidé pour un cas récent de violations des droits de l'Homme.

Le palmarès :
1er prix : Me Josette M. ATADE-TOPANOU (barreau du Bénin) « Il faut brûler l’amour quand il est froid » 
2e prix : Me Mustapha TEURKI (barreau d'Alger) « Parfois la justice n’habite pas l’Algérie » 
3e prix : Me Vincent BRACHET (barreau de Caen) « Me Nam. Une voix baillonnée au Vietnam » 

Après délibérations du jury, les troisième et deuxième prix ont été remporté par l'avocat français Maître Vincent Brachet et l'avocat algérien Maître Mustapha Teurki. Ils ont respectivement plaidié pour le cas de Me Nam, blogueuse vietnamienne et activiste des droits humains, emprisonnée pendant plusieurs années pour des propos tenus sur son blog, et le cas de Kemaldine Fakha, médecin algérien détenu pour ses idées et son combat pacifiste, décédé le 28 mai 2019 d'une grève de la faim. 

Le premier prix a été attribué à Maître Josette M. Atade-Topanou, avocate au barreau du Bénin pour sa plaidoirie sur Léonida, jeune femme béninoise de 28 ans, brûlée vive par son mari quand une soir, prises de douleurs au ventre, elle s’est refusée à lui.

« En 2019 seulement, plus d’une centaine de femmes en France ont été assassinées par leur compagnon. Je suis incapable de présenter des statistiques béninoises en la matière. Il n’en existe presque pas. Du sang innocent est versé. Mais ce sang, ne coule pas seulement sur les mains des agresseurs. Il coule aussi sur nos mains à nous, dans nos têtes et surtout dans nos cœurs. Car coupables, nous le sommes tous. Nous sommes coupables toutes les fois où nous avons vent de pareille barbarie et que nous ne faisons rien pour l’arrêter. Coupables de n’avoir pas prêté main forte à une épouse qui se plaignait de la violence dont son époux faisait montre. Coupables de n’avoir pas appelé la police en entendant des cris dans la maison voisine. Coupables d’avoir regardé ailleurs, pendant qu’une épouse se faisait battre. Coupables, d’avoir feint de ne rien comprendre quand elle se promène en plein soleil avec une écharpe au cou, quand elle dit être tombée dans la douche, ou s’être pris une porte dans la figure. Ce soir j’accuse chacun de nous, pour nos silences complices. Albert Einstein disait, que « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

Extrait de la plaidoirie de Maître Josette M. Atade-Topanou « Il faut brûler l'amour quand il est froid »

Lire le recueil de plaidoiries

Le jury, l'Institut et l'ensemble des partenaires du concours félicitent tous les finalistes pour la grande qualité de leurs plaidoiries.