Walk the Global Walk : rencontre avec quatre enseignant.e.s qui participent au programme pédagogique

Walk the Global Walk mobilise depuis 2017 les jeunes européens en tant qu’acteurs du développement d’une culture de paix et de promotion des Objectifs de Développement Durable (ODD) à travers l’éducation aux droits de l’Homme et à la citoyenneté démocratique. En Normandie, le programme pédagogique est mis en œuvre par l'équipe de l'Institut international des droits de l'Homme et de la paix qui se rend chaque année dans plusieurs établissements scolaires pour sensibiliser 1000 élèves au développement durable.

Rencontre avec quatre enseignant.e.s qui participent
au programme Walk the Global Walk

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier, enseignants en biotechnologies et lettres-histoire au lycée polyvalent Alexis de Tocqueville de Cherbourg en Cotentin.

Hélène Moreau et Marie Le Normand, nous sommes deux professeures du lycée Camille Saint Saëns de Rouen, l'une en lettres et l'autre en sciences économiques et sociales.


Hélène Moreau et Marie Le Normand

 

Pourquoi participez-vous au programme pédagogique Walk the Global Walk ?

Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier : Nous participons à Walk the Global Walk car cette initiative est en adéquation avec notre projet sur le développement durable, plus précisément l’alimentation éco-responsable à différentes échelles y compris européenne.

Hélène Moreau et Marie Le Normand : Professeures en lycée général depuis de nombreuses années, nous avons pris conscience de manière aiguë, de l'intérêt de travailler collectivement avec nos élèves avec un objectif commun et qui leur permette de valoriser des compétences parfois mal mises en valeur dans le cadre d'un enseignement traditionnel.
Cela est aussi un très bon moyen de stimuler leur capacité d'autonomie. Travailler dans le cadre du projet Walk the Global Walk est une opportunité pour créer une dynamique positive avec des élèves de seconde, parfois peu engagés, autour d'une thématique qui leur tient à cœur : la préservation de notre environnement. Cela nous a également permis de travailler indirectement nos deux disciplines et de montrer aux élèves comment exploiter des connaissances qui leur semblaient jusque là théoriques. Le projet donne alors du sens à leur travail scolaire.

 

Est-ce que le focus fait cette année sur l’ODD 13 « Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques » change votre vision et modifie vos habitudes, dans votre quotidien ou votre travail de professeur.e ?

Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier : C’est surtout la vision des élèves qui a changé. Ce focus sur l’ODD 13 a permis l’émergence d’une sensibilité pour un respect mutuel de notre environnement que ce soit à la maison ou au lycée.

Hélène Moreau et Marie Le Normand : Notre préoccupation quant à ces problématiques environnementales n'est pas nouveau, nous nous sentons toutes les deux très concernées par ce combat quotidien, très conscientes des efforts à mettre en œuvre individuellement et collectivement pour apporter notre contribution à cette lutte globale.
Le fait d'avoir pu engager une réflexion en classe avec nos élèves sur cette question, sur notre responsabilité commune ainsi que d'avoir pu leur permettre une véritable prise de conscience de notre capacité d'action à tous, a été un moyen de nous rendre compte à quel point les lycéens sont prêts à s'engager et qu'il est donc de notre responsabilité, d'adultes et d'enseignants, de leur faciliter la compréhension de ces problèmes et de leur montrer qu'ils sont eux aussi une force de changement.

 

Chaque geste compte, même le plus petit. Quel est votre geste simple et quotidien pour lutter contre les changements climatiques ?

Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier : Le geste le plus simple consiste à réduire le temps de la douche à 5 minutes.

Hélène Moreau et Marie Le Normand : Habitant à la campagne, je suis encore très dépendante de ma voiture pour travailler notamment. Mais j'essaie de plus en plus de modifier mes façons de consommer : acheter moins et plus responsable (privilégier les petits producteurs près de chez moi, limiter les emballages notamment plastiques à usage unique, privilégier les achats de seconde main...).
De mon coté, j'ai la chance de pouvoir aller travailler à pieds. J'essaie comme ma collègue d'avoir des achats raisonnés en favorisant tout ce qui est local et en soutenant des marques éthiques.

 
Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier

 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le monde connaît une de ses plus grandes crises sanitaires contemporaines. Cependant, des chercheurs et experts voient cette crise comme l’opportunité de se montrer solidaire et de la transformer en un élan planétaire en faveur du développement durable. Avez-vous observé une action positive ou un phénomène positif qui vous rend optimiste sur le monde après Covid-19 ?

Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier : Le phénomène le plus évident et le plus en phase avec le développement durable qu’a généré la crise du Covid est l’intérêt pour les circuits courts de consommation qui respectent la saisonnalité et restreignent l’empreinte carbone du fait de la moindre pollution atmosphérique liée aux engins à moteurs à énergie fossile.

Hélène Moreau et Marie Le Normand : Peut-être que le confinement a permis à une partie de la population de prendre conscience de ce qui était véritablement nécessaire dans leur vie : les proches, l'attention aux autres, la nature ; cela peut-il constituer l'ébauche d'un monde moins tourné vers le matériel, l'abondance et la satisfaction individualiste, nous aimerions y croire…
Plus globalement, on peut peut-être espérer que cette crise ait permis à bon nombre de pays d'Europe de prendre conscience que l'Union Européenne peut constituer une force d'action efficace à partir du moment où on se dote non seulement d'une volonté commune pour avancer collectivement mais aussi des outils d'action nécessaires : penser collectif et non de façon autocentrée.
Si le plan de relance proposée par la Commission européenne est adopté, cela pourra peut-être constituer un énorme pas en avant dans la capacité d'action de l'UE, et notamment en matière d'écologie.

 

Et enfin, un conseil à donner aux enseignants qui souhaitent se lancer dans l’aventure Walk the Global Walk ?

Muriel Mahaux et François-Xavier Berthier : Nous pensons qu’il est souhaitable de définir en amont un projet sur le développement durable avec le groupe classe afin d’articuler celui-ci avec le programme Walk the Global Walk. Soulignons également la qualité des interventions des sympathiques intervenant.e.s dont la pédagogie est plébiscitée par nos élèves !

Hélène Moreau et Marie Le Normand : « N'ayez pas peur ! » Certes ce projet demande du temps et de l'investissement, mais c'est un formidable moteur pour la classe,  un révélateur de talents pour nos élèves, et un moyen concret et stimulant de développer leur conscience environnementale.