Prix Liberté 2021 : Les 3 personnes nominées par le jury international sont...

Le jury international composé de 30 membres âgés de 15 à 25 ans et de 17 nationalités différentes, s'est réunit du 10 au 13 février 2021 en visioconférence pour étudier 251 propositions envoyées par des jeunes du monde entier dans le cadre de l'appel à propositions "Notre Prix Liberté 2021". 


Après quatre journées de délibérations organisées, animées et encadrées par les équipes pédagogiques de l'Institut international des droits de l'Homme et de la paix, le jury international a voté et désigné les 3 personnes dont les combats sont selon eux, les plus représentatifs de combats pour la liberté en 2021 :

Agnes Chow
24 ans - Hong Kong

Proposée par des élèves du Lycée Alain Chartier de Bayeux, du Lycée Charles de Gaulle de Caen, des jeunes de Nantes et des jeunes volontaires en mission de service civique à Unis-Cité Normandie (Rouen).

Agnes Chow, 24 ans, est une des figures de proue du mouvement pour la démocratie à Hong Kong, territoire sous tutelle chinoise depuis 1997.
Elle rejoint le mouvement étudiant Scholarism à 15 ans et en devient la porte-parole aux côtés de Joshua Wong. Ce mouvement milite notamment contre l'introduction de cours d'éducation morale et nationale à l'école. La réforme est enterrée face à l’ampleur de la mobilisation.
A 17 ans, elle s’engage dans « la révolte des parapluies » qui réclame le suffrage universel à Hong Kong. En 2016, elle participe à la création du parti politique Demosistō et se présente deux ans plus tard pour être élue députée avant que Pékin n’invalide sa candidature.
En 2020, elle participe activement aux manifestations en faveur de la démocratie à Hong Kong avant d’être arrêtée et condamnée à 10 mois de prison au nom de la loi sur la sécurité nationale.

Omar Radi
34 ans - Maroc

Proposé par des jeunes de Saint-Mammès en Seine-et-Marne

Né en 1986 à Kénitra au Maroc, Omar Radi est un journaliste d'investigation marocain. Il a écrit plusieurs enquêtes remarquées sur l'injustice sociale au Maroc, l’économie de rente, la spoliation des terres. Il a aussi révélé une vaste affaire de corruption impliquant des ministres et des conseillers du roi. Ces articles dérangent et ont fait réagir jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Omar Radi a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour “outrage à magistrat” suite à la publication du tweet suivant : « Ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité ». Placé en détention préventive en juillet 2020, il est poursuivi pour "financements étrangers", "atteinte à la sécurité intérieure de l'État" et "viol".
Ces proches et de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme ont fermement condamné ces accusations, considérant qu’il s’agit d’une manipulation flagrante du système judiciaire pour réduire un journaliste critique au silence. 

Sonita Alizadeh
25 ans - Afghanistan

Proposée par des élèves du Lycée Nelson Mandela de Nantes, du Lycée Augustin Fresnel et du Lycée Charles de Gaulle de Caen

Sonita Alizadeh est une rappeuse née en Afghanistan sous le régime taliban qu’elle a fui pour se réfugier en Iran, à Téhéran. "Mon enfance, c'était celle de tous les Afghans, remplie par la guerre, la pauvreté, la peur de perdre un proche. Nous avons quitté l'Afghanistan parce que ma famille avait peur de la guerre, des Talibans. Nous avons fui pour l'Iran, pour notre survie." Enfant, elle a réussi à échapper par deux fois au mariage précoce arrangé par sa famille. A Téhéran, elle est prise en charge par une ONG pour lui donner accès à l’éducation et à un travail de femme de ménage qui lui permet de payer ses fournitures scolaires. “Un jour où j'étais en train de nettoyer le sol, j'ai entendu Eminem, je ne savais pas qui c'était... Il était tellement en colère et je me suis sentie tellement connectée à lui. Et c'est là que j'ai décidé de rapper.” Dans sa chanson “Filles à vendre”, Sonita Alizadeh raconte son histoire pour protester contre les mariages des enfants. En Afghanistan, le clip de Sonita engrange les vues sur Youtube. Un véritable phénomène. Elle devient le visage de ces enfants que l'on vend. Grâce à de nombreux soutiens, Sonita Alizadeh étudie aujourd’hui les sciences politiques aux Etats-Unis et ambitionne de travailler dans les institutions internationales pour y continuer son plaidoyer pour l'enfance.

“J'ai parlé dans le monde entier devant des décideurs et des dirigeants pour rappeler qu'il faut que les filles aillent à l'école, à la fac pour avoir confiance en elles, pour être capable de devenir qui elles veulent être.”


Prochaine étape : le vote en ligne pour désigner le/la lauréat.e du Prix Liberté 2021

Le ou la lauréate du Prix Liberté sera désigné.e à l’issue d’un vote international en ligne sur prixliberte.normandie.fr du 15 mars au 25 avril 2021, ouvert aux jeunes de 15 à 25 ans.

La remise du Prix Liberté aura lieu au mois de juin 2021 à l’Abbaye aux Dames à Caen, dans le cadre du Forum Normandie pour la Paix.

Le ou la lauréat(e) recevra un chèque de 25 000 euros ainsi qu’un trophée réalisé par des élèves du Lycée Mézeray-Gabriel d'Argentan.