Les 5 nouvelles du mois de février encourageantes pour les droits de l'Homme

L'Institut international des droits de l'Homme et de la paix vous propose de revenir sur 5 nouvelles du mois de février encourageantes pour les droits de l'Homme.



1 - Kaja Kallas, première Première ministre en Estonie. Une nomination qui porte à six le nombre de femmes à la tête des huit pays nordiques

Kaja Kallas, dirigeante du Parti de la réforme (centre libéral) a été nommée Première ministre de l'Estonie. Une première dans ce pays, dont le gouvernement a toujours été dirigé par des hommes. Sur huit pays nordiques, six gouvernements sont désormais dirigés par des femmes : Mette Frederiksen au Danemark, Erna Soldberg en Norvège, Katrin Jakobsdottir en Islande, Sanna Marin en Finlande, Ingrida Symonyte en Lituanie, et donc Kaja Kallas en Estonie, pays également présidé par une femme.


2 - Etats-Unis : la Virginie sur le point d'abolir la peine de mort

La Virginie va devenir le 23e Etat américain et le premier Etat sudiste des Etats-Unis à supprimer la peine de mort. Les démocrates, majoritaires dans les deux chambres depuis 2019, ont voté définitivement en faveur de cette suppression lundi 22 février. 

C’est dans ce qui était encore une colonie britannique que le premier condamné à mort du Nouveau Monde avait été pendu, en 1608. La Virginie totalise depuis cette date le plus grand nombre d’exécutions des Etats-Unis, près de 1 400, la dernière étant survenue en 2017. Témoignage de son passé esclavagiste, la peine de mort en Virginie a été étroitement liée aux inégalités raciales, les Afro-Américains étant particulièrement victimes d’échelles de peines plus sévères.


3 - Loujain Al-Hathloul est rentrée chez elle après 1001 jours en prison

Après 1 001 jours en prison, Loujain Al-Hathloul, militante saoudienne pour les droits des femmes et lauréate du Prix Liberté 2020 a été libérée. Cette nouvelle a été annoncée par sa famille mercredi 10 février.

Loujain Al-Hathloul avait été arrêtée en mai 2018, avec d'autres militantes, peu avant la levée de l'interdiction de conduire faite aux Saoudiennes, un droit pour lequel elle militait. Elle a été condamnée le 29 décembre 2020 à cinq ans et huit mois de prison en vertu d'une loi "antiterroriste". La peine comprenait un sursis de deux ans et dix mois "à condition qu’elle ne commette pas de nouveau crime dans les trois ans", et sa famille avait bon espoir qu’elle soit libérée d’ici mars.


4 - Paris : bientôt un centre d’archives LGBTQI+ ?

Le Conseil de Paris a adopté le principe de la création d’un lieu "autonome" destiné à conserver, à valoriser et à faire vivre la mémoire des minorités sexuelles et de genre comme il en existe déjà à Amsterdam, Berlin ou San Francisco. Ce centre d’archives a pour but de répertorier des éléments afin de documenter la lutte des personnes LGBTQI+, livres, films ou travaux de recherches souvent oubliés des archives des institutions traditionnelles. Rassembler les archives permettra de garder une trace des combats menés par les militants pour la reconnaissance des droits LGBTQI+. Un projet historique et nécessaire pour l’inclusion.


5 - "Affaire du siècle" : l’Etat français reconnu responsable de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique

Le tribunal administratif de Paris a, pour la première fois, jugé que l'État français a commis une "faute" en ne respectant pas ses engagements de réduction des gaz à effet de serre sur la période 2015-2018. Cette décision historique fait suite à un recours déposé en mars 2019 par quatre ONG : Notre affaire à tous, Greenpeace, Oxfam et la Fondation Nicolas Hulot.

Le tribunal a condamné l’Etat à verser un euro symbolique aux quatre associations requérantes pour "le préjudice moral" résultant des "carences fautives de l’Etat à mettre en œuvre des politiques publiques lui permettant d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qu’il s’est fixés".

Lire le jugement sur le site du Tribunal administratif de Paris : n° 1904967-1904968-1904972-1904976