Concours de plaidoiries pour les droits de l'Homme de Palestine 2014

« Les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix », George Bernanos

 

Le 26 octobre 2014 se tiendra à l’Université d’Al Quds le sixième Concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme de Palestine. Cet évènement est conjointement organisé par l’Université d’Al Quds et l’Institut international des droits de l’homme et de la paix avec le précieux soutien du Barreau de Palestine, du Département de la recherche scientifique et de la coopération internationale de l’Université d’Al Quds ainsi que le Consulat de France à Jérusalem.

Les événements tragiques de l’été 2014 ont une nouvelle fois attiré l’attention du monde sur l’un des conflits majeurs de ces soixante-dix dernières années. Ce conflit sanglant reste à ce jour non-résolu et les nombreux efforts de conciliation et de paix sont, pour l’heure, restés vains.

Berceau de nos civilisations, cette terre ne représente plus dans la conscience collective qu’un triste conflit voué à perdurer pendant des générations. Que dire à nos enfants qui grandissent avec ces images insoutenables d’une énième roquette s’abattant sur le territoire israélien ou de cet immeuble de Gaza rasé par un obus ? Pour autant, se résigner face à l’intenable n’est pas pensable.

Organiser un tel Concours dans cette région est donc tout sauf anodin. Au-delà de la compétition formelle regroupant une dizaine d’avocats venus d’horizons différents, des cas concrets, récents et individuels de violation des droits de l’homme sont exposés et défendus. Si dénoncer une situation inhumaine fait partie des objectifs que se sont attribués les avocats en participant à cette compétition, les arguments utilisés pour parvenir à cette fin demeurent le cœur du Concours.

Au travers de leurs plaidoiries, les avocats démontrent par un raisonnement juridique que les comportements à l’origine des violations dénoncées n’ont pas lieu d’exister dans un Etat de droit. Et ceci constitue bien notre préoccupation première : amener chaque spectateur de la compétition et chaque lecteur de ce recueil à comprendre les arguments et mécanismes permettant de dénoncer l’inhumain dans le but précis qu’ils soient les avocats des droits de l’homme de demain.

Par le biais de ce Concours, les organisateurs n’ont pas la prétention de solder le conflit ravageant cette terre, mais ils tentent, humblement, de contribuer à la prise de conscience de l’universalité des droits de l’homme et de la paix. Tout simplement parce que « les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix »…

Alain TOURRET, Président de l’Institut international des droits de l’Homme et de la paix


 

26 octobre 2014, sixième #CIP de Palestine

Maître Mona Abu Snaina, lauréate du Concours 2014 de Palestine

La sixième édition du Concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme de Palestine s’est tenue le dimanche 26 octobre à l’Université d’Al Quds. L'objectif du Concours étant de faire comprendre les mécanismes permettant de dénoncer les violations des droits de l'homme. L’Institut a emmené avec lui une délégation composée d'avocats, de politiques, de journalistes, de photographe, d'écrivain et de juristes. Le second objectif poursuivi était de montrer la complexité de la situation prévalent entre Israël et les Territoires Palestiniens. En marge du Concours qui s’est tenu le dimanche, nous avons optimisé au maximum le temps qui nous était offert pour aller sur le terrain, en Palestine et en Israël.

Arrivée le vendredi 24, la délégation a été reçue par au Consulat de France à Jérusalem: s’en sont suivis des discours d’Hervé Magro (Consul Général), d’Alain Tourret et d’Anwar Abu Eisheh (ancien Ministre de la Culture et professeur de droit à l’Université Al-Quds). Cette première soirée a permis à la délégation de rencontrer les représentants de la diplomatie française sur place, les partenaires palestiniens de l’Institut, mais également d’appréhender la ville.

La journée du samedi était consacrée à Hébron et à Bethléem : visite guidée de la vieille ville d’Hébron avec Anwar Abu Eisheh, déjeuner avec le Maire de la ville, visite des locaux de l’association d’échanges culturels Hébron France, visite libre de la ville de Bethléem et enfin dîner dans cette dernière avec des représentants de l’Université d’Al Quds. Pendant cette première journée, Chaunu a eu l’occasion de croquer les enfants présents à l’Association d’Echanges Culturels Hébron France, structure avec la quelle nous travaillons depuis plusieurs années. Cette première journée a permis à la délégation de se faire une idée assez précise de la situation dans les Territoires Occupés, tant la ville d’Hébron est représentative de la situation générale de la Palestine.

Le Concours de plaidoirie s’est tenu le dimanche 26 à Al-Quds (Jérusalem). Parmi les neuf avocats en compétition - avec des thèmes allant du cas Edward Snowden à la liberté d’expression en passant par un cas d’apostasie au Soudan, c’est Mona Abu Snaina, avocate palestinienne de Jérusalem, qui a remporté cette sixième édition avec une plaidoirie sur la justice des mineurs en Palestine. Maître Julien Martin et Maître Olivier Matter (tous deux avocats au barreau de Strasbourg) sont venus compléter le podium des lauréats. Maître Abu Snaina a ainsi remporté le droit d’aller plaider en avril 2015 à Nouakchott pour le Concours de plaidoiries pour les droits de l’Homme de Mauritanie.

Pour visionner les plaidoiries lauréates, il vous suffit de cliquer sur les liens ci-dessous:

 

Une fois le Concours terminé, la délégation a eu l’occasion de rencontrer Muriel Haïm, cofondatrice de l’Association « un cœur pour la paix » et Daniel Shek, ancien Ambassadeur d’Israël en France. Rencontre qui s’est avérée constructive pour les parties prenantes, le rôle de M. Shek lors des pourparlers pour le rétablissement de la paix étant intéressant et jusqu’à lors méconnu. La journée du lundi s’est articulée autour de trois moments forts : la visite de l’Hôpital Hadassah (Cf. ci-dessous), des rencontres politiques à Ramallah et une visite du Mémorial de Yad Vashem.

Hadassah est une structure hospitalière dans laquelle sont soignés tous les patients, quelles que soient leurs origines. « Hadassah est un lieu où la glace se brise » a coutume de dire le Dr Osnat Levtzion-Korach, Directeur de l’hôpital Mt. Scopus-Hadassah. En effet, que ce soit au niveau du personnel soignant ou au niveau des patients, Israéliens et Palestiniens se côtoient chaque jour à l’Hôpital Hadassah. Avant de se rendre au Mémorial de la Shoah Yad Vashem, la délégation a pu se rendre compte, grâce aux professeurs rencontrés à Hadassah, que malgré cette période de tension en terre sainte, il existe tout de même des motifs d’espoir pour une paix à l’heure actuelle compromise.

Pendant que la majorité de la délégation visitait Yad Vashem, Messieurs Tourret (Député Maire de Moult et Président de l’Institut), Goasdoué (Député Maire de Flers), Lerosier (journaliste à Ouest-France) et Bochet (directeur de l’Institut) ainsi que Madame Rouger (Vice-Présidente de la Région Bretagne) se rendaient à Ramallah pour rencontrer une délégation du conseil législatif Palestinien emmenée par le Docteur Abdullah Abdullah. Ce fut également l’occasion d’échanger avec M. Mohamed Barghouti, ancien Ministre du travail et de la gouvernance local et docteur à la tête de l'organisation humanitaire Palestinian Medical Relief Society.